Dans la tribune Zone Nordiques
POCCHA?
11 déc. 2017
Avec le recul, êtes-vous si étonnés?
Je veux dire, soyons bons joueurs, nous avons tous douté, nous étions fougueux sur le clavier, brandissant logique et positivisme mais au fin fond de chacun de nous, nous étions terrifiés.
Terrifiés du vent chaud du sud qui soufflait sur notre igloo.
La brise pacifique et même la chaleur aride du désert qui laissait planer un début de siècle houleux au niveau de la confiance en ce qui concernait le retour des Nordiques.
On leur a tout de même construit une cabane, on s'est salit les mains en manifestant avec la Nordiques Nation, notre foi et notre passion demeura inébranlable, nous connaissions notre potentiel.
Toutefois, ce qui se passait dans le gratte-ciel New-yorkais où siège le docteur Gang, Madchat et la LNH ne fut jamais vraiment au diapason avec nos désirs.
D'abord en 1995, nous sommes sortis par la porte d'en arrière, exactement comme nous étions entrés en 79.
Dans le silence, derrière la jupette de flanelle à trois couleurs de la mama québécoise. Pas de discours, pas de remerciement, juste de l'optimisme dans l'altitude alpine de Denver.
À ce moment précis, nous aurions du comprendre le message des cravates dorées mais le dicton conseillait d'essayer pour obtenir, alors des manches se sont relevées et un message clair fut envoyé, et ce aux 4 coins de l'Amérique.
Seulement, il était déjà trop tard, les propriétaires de la Ligue Nationale de hockey avaient réussi à se débarasser de nous, ce n'était pas pour nous faire la charité deux décennies plus tard.
L'émotivité est habile pour aveugler.
C'est sans crier gare, que la ligue de mon enfance s'est graduellement transformée en Ligue Nationale Américaine de hockey, faisant en sorte que les marchés Canadiens allaient devoir danser sous les coups de fusil de Bettman.
Ottawa, Edmonton, Calgary, personne n'a été épargné, tu danses ou tu lèves les feutres.
Ce que l'on a pensé être un plaisir sadique de haters lorsque ces derniers parlaient du désintérêt de Gary Bettman face au marché de Québec est malheureusement devenue une évidence depuis 10 ans.
Québec, ce n'est pas le show de Vegas ni le marché tendance et asiatique de Seattle. Québec, ce n'est pas non plus le célèbre saloon de Houston et au fond, Québec ce n'est même pas une tête de pipe de plus pour le contrat de télé américain.
Non, dans leur tour d'ivoire, nous étions un marché assimilé au Canadien de Montréal, à Bell et à Molson. Notre guerre intestinale ne les émoustillera jamais autant que les dividendes économiques des gros billets verts du pays de l'Oncle Donald.
Face à ce Rififi, Oncle Picsou pouvait bien nous regarder comme un canard boiteux.
Les sagas de Glendale, l'expansion de Vegas et de Seattle et les projets de Coyotes au Texas, cette fois, la missive aura été délivrée par le bon pigeon.
You are deferred.
600000 québécois ce ne sont pas 6 millions de texans. Un jour, ça nous rentrera dans le crâne.
Sur la plan humain, c'est une abomination. Une claque sur la gueule.
Une claque sur la gueule qui met QcFan en criss, qui amène Fred Poulin à cesser de croire et qui mène Remy à militer pour des réponses de Quebecor.
Une gifle qui amène une nation fière, orgueuilleuse et un petit peu cinglée à faire de l'introspection.
Les fans ont arrêté de rire et vont remettre en question tout le processus. Les Haters crieront plus fort que l'on a roulé la province dans la farine et après avoir enterré les Expos de Denis Coderre il y a un mois, voici que je ressors la pelle pour les bleus.
Quebecor semble n'être qu'un Jim Balsillie 2.0, seulement la pièce de théâtre est présentée sous un jeu beaucoup plus poli.
Le persécuté émotif en moi est debout sur la poutre et accroche la corde mais le rationnel et persévérant qui demeure dans l'autre moitié de ma personne, lui, cherche encore des solutions.
«Et si la KHL, au fond, devenait la WHL et perçait dans un 9e pays, en l'occurence le Canada, par la grande porte qu'est Québec, pourrait-on aider à faire développer cette ligue ici avec d'honnêtes marchés nord-américains et l'ambition de s'étendre dans plusieurs autres pays comme la France, l'Angleterre et l'Allemagne?»
Pour la KHL, sérieusement, face au dégout de la LNH envers nous, serait-il temps d'y penser?
Ok, je sais, ce n'est pas le Canadien en finale de l'Est et ce n'est même pas embryonnaire comme spéculation mais est-ce que la LNH est toujours aussi attrayante de nos jours avec des Anaheim Vs San Jose, Brooklyn Vs Raleigh et des Sunrise Vs Tampa comparé aux grandes villes scandinaves et asiatiques comme Pékin, Moscou, Helsinki?
Rajoutons à cela des Paris, Londres, Vienne, Stockholm, Zurich et Berlin, n'y aurait-il pas un privilège de participer à la naissance d'une conférence Nord-Américaine?
Une ligue où les joueurs gagnent bien leurs vies avec quelques millions, d'un calibre supérieur avec des sponsors et investisseurs majeurs?
Une ligue saine et qui n'est pas manipulée par un vicieux contrat de télé trop onéreux qui lie les mains de la logique et coupe la langue de la passion?
Je trouve juste que Prédateurs Vs Blue Jackets en finale avec Johansen contre Wennberg ça sonne moins glorieux que les finales Oilers-Islanders avec Bossy et Gretzky des années 80 ou d'une émeute Montréal-Detroit des années 50 avec Howe et Richard.
Ça fait un peu AMH diront certains et moi je répondrai que l'AMH nous a donné les Nordiques.
Voilà, c'est ici que mes élucubrations s'arrêtent pour aujourd'hui.
Et vous, vous aimeriez une ligue mondiale de hockey qui pourrait compétitionner avec la LNH? On jase là...
Louis-Philippe Roy
DDPYoga



