
Dans la tribune Zone Nordiques
Mario Lemieux à la tête d’un groupe pour ramener les Nordiques?
23 sept. 2026 · 290 vues
Je ne sais pas si Mario Lemieux travaille réellement sur un projet pour ramener les Nordiques à Québec.
Personne ne devrait l’affirmer aujourd’hui.
L’information vient essentiellement de 3DownFutures et, au moment d’écrire ces lignes, elle n’a été confirmée ni par Lemieux, ni par Québecor, ni par la LNH.
Mais après avoir regardé ce qui s’est réellement passé depuis quelques semaines, je trouve qu’il serait tout aussi facile de balayer cette histoire trop rapidement.
Parce que la rumeur arrive exactement au moment où plusieurs pièces très concrètes viennent de bouger.
Et la première est probablement la plus importante.
Le 21 août, Bill Daly a pratiquement donné la liste d’épicerie à Québec
À la fin août, le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, a été questionné directement sur Québec.
Sa réponse était beaucoup plus intéressante que l’habituel discours prudent de la Ligue.
Daly a reconnu la qualité du Centre Vidéotron. Il a reconnu la passion du marché. Il a affirmé que la LNH voyait beaucoup de positif à Québec.
Puis il a identifié le problème.
Le propriétaire.
Plus précisément, l’absence d’un groupe prêt à acheter une franchise et à s’engager à l’exploiter à Québec.
Et Daly a ajouté quelque chose d’important : si un tel groupe se présentait, la Ligue l’évaluerait.
Voilà où en était officiellement le dossier le 21 août.
Pas besoin de construire un amphithéâtre.
Pas besoin de convaincre la LNH que Québec aime le hockey.
Pas besoin de démontrer que la ville peut accueillir une équipe.
Il fallait quelqu’un capable de mettre énormément d’argent sur la table et de convaincre les autres propriétaires de la LNH.
Neuf jours plus tard, Mario Lemieux devenait soudainement beaucoup plus disponible.
Le 30 août, Lemieux sort du portrait à Pittsburgh
Selon plusieurs médias de Pittsburgh, Mario Lemieux et Ron Burkle ont cédé les dernières participations qu’ils détenaient encore dans les Penguins à la suite du changement de contrôle de l’organisation.
Cette information mérite une certaine prudence puisque la documentation publique des Penguins n’est pas encore parfaitement uniforme sur son statut.
Mais plusieurs médias crédibles de Pittsburgh rapportent la même chose : Lemieux aurait terminé son association financière avec les Penguins.
Et ce n’est même pas la partie la plus intéressante.
Quelques mois auparavant, Lemieux avait participé à la formation d’un groupe qui tentait de racheter les Penguins.
Il ne s’agissait donc pas d’un ancien propriétaire cherchant tranquillement à se retirer du hockey.
Lemieux cherchait encore récemment à acheter une équipe de la LNH.
La transaction de Pittsburgh a finalement pris une autre direction. La famille Hoffmann a obtenu le contrôle des Penguins dans une transaction évaluée à environ 1,75 milliard de dollars américains, approuvée par les gouverneurs de la LNH.
Lemieux n’a pas gagné cette bataille.
Mais elle nous apprend quelque chose de très pertinent aujourd’hui.
Mario Lemieux avait encore suffisamment d’intérêt pour la propriété d’une franchise de la LNH pour participer à une tentative d’acquisition de plusieurs milliards.
Et quelques semaines plus tard, son nom apparaît dans le dossier de Québec.
Ce n’est pas une preuve.
Mais ce n’est certainement pas un détail sans importance.
Puis Québecor signe pour 12 ans
Le 3 septembre, une autre pièce bouge.
Rogers et Québecor annoncent une nouvelle entente de 12 ans qui maintiendra TVA Sports dans l’écosystème national francophone de la LNH jusqu’en 2038.
Jusqu’à 350 matchs de saison régulière pourront être diffusés chaque année, en plus d’une importante programmation des séries éliminatoires.
Cette entente ne donne évidemment aucune franchise à Québec.
Elle ne prouve absolument pas que Pierre Karl Péladeau prépare une offre.
Mais elle détruit au moins une idée : celle voulant que Québecor se soit désengagée de la LNH.
Au contraire.
Québecor vient de prendre un engagement commercial à très long terme dans le produit LNH.
Et il faut se rappeler que son lien avec une éventuelle franchise à Québec ne date pas d’hier.
Le Centre Vidéotron avait littéralement prévu le scénario LNH-Québecor
C’est probablement l'élément que je trouve le plus sous-estimé dans toute cette histoire.
Quand le Centre Vidéotron a été construit et que Québecor en est devenu le gestionnaire, les ententes financières avaient explicitement prévu deux scénarios.
Un Québec sans équipe de la LNH.
Et un Québec avec une équipe de la LNH.
Québecor avait notamment accepté des droits d’identification de 33 millions de dollars sans franchise.
Cette somme devait grimper à 63,5 millions si Québecor devenait détenteur d’une franchise de la LNH.
Ce n’est pas une interprétation.
C’était écrit dans l’entente.
Le modèle économique du Centre Vidéotron avait donc été construit dès le départ avec la possibilité que Québecor possède éventuellement une équipe.
Évidemment, beaucoup de choses ont changé depuis.
Mais l'infrastructure demeure.
Le Centre Vidéotron compte 18 259 places en configuration hockey.
Il existe.
Il fonctionne.
Il n’a pas besoin d’attendre quatre ans avant d’être construit.
Et ça devient particulièrement intéressant lorsqu’on regarde ce qui se passe au Texas.
Parce que le Texas, lui, est vraiment en train d’avancer
Il faut être clair là-dessus.
Québec n’est pas actuellement aussi avancé que Houston.
En juin, Gary Bettman a confirmé publiquement une entente avec le groupe de Dan Friedkin afin d’étudier l’implantation d’une franchise à Houston ou Austin.
La LNH parle d’un investissement total pouvant atteindre environ 3,5 milliards de dollars américains, en incluant la franchise et un nouvel amphithéâtre.
Ce n’est pas une rumeur provenant d’une source anonyme.
Bettman l’a annoncé.
La Ligue travaille directement avec Friedkin.
Et le 22 septembre, le conseil des gouverneurs de la LNH a reçu une mise à jour sur le dossier.
Ça, c’est concret.
Mais quelque chose d’autre est important.
Après cette réunion, Bettman a encore insisté sur le fait qu’aucune décision n’avait été prise concernant l’expansion.
Le Texas est devant la porte.
Il n’est pas encore entré.
Et Québec n’a probablement pas besoin de battre Houston
C’est ici que ma perception du dossier a changé.
Pendant longtemps, chaque nouvelle ville intéressée par la LNH semblait être une mauvaise nouvelle pour Québec.
Houston arrive?
Québec recule.
Atlanta revient?
Québec recule encore.
Mais ce n’est peut-être pas la bonne façon de regarder la situation.
Bill Daly a déjà expliqué que la Ligue n’est pas obligée d’ajouter deux équipes simultanément.
Vegas est devenue la 31e équipe.
Seattle est arrivée plus tard comme 32e.
La même chose pourrait théoriquement se produire maintenant.
Houston ou Austin pourrait devenir la 33e.
Puis une autre ville pourrait éventuellement devenir la 34e.
Et à ce moment-là, le véritable combat de Québec pourrait être ailleurs.
Atlanta, voilà le dossier à surveiller
Atlanta est beaucoup plus sérieuse qu'on pourrait le croire.
Plusieurs groupes travaillent actuellement sur des projets distincts.
Le projet The Gathering at South Forsyth représente un développement de plusieurs milliards de dollars autour d’un amphithéâtre conçu notamment pour attirer une équipe de la LNH.
Un autre projet existe du côté d’Alpharetta.
Et Bill Daly a confirmé des discussions avec un autre groupe associé à l’ancien joueur de la LNH Anson Carter.
Atlanta possède donc quelque chose que Québec n’avait pas récemment : plusieurs groupes qui essaient activement de bâtir un dossier.
Mais Atlanta possède également le problème inverse de Québec.
Elle doit encore régler complètement la question de l’amphithéâtre.
Québec, elle, possède déjà le Centre Vidéotron.
C’est pour ça que le nom de Mario Lemieux devient si intéressant.
Parce que soudainement, il comblerait précisément le trou dans le dossier
Reprenons simplement la chronologie.
Le 21 août, Bill Daly dit publiquement que Québec possède beaucoup d’éléments positifs, mais qu’il manque un groupe de propriétaires.
À la fin août, plusieurs médias rapportent que Mario Lemieux sort complètement de l’actionnariat des Penguins après avoir récemment tenté de racheter l’équipe.
Le 3 septembre, Québecor sécurise 12 années supplémentaires de hockey de la LNH à TVA Sports.
Et le 22 septembre, 3DownFutures affirme que Mario Lemieux serait justement la personnalité appelée à devenir le visage d’un groupe voulant ramener une équipe à Québec.
Pris séparément, aucun de ces événements ne démontre quoi que ce soit.
Mis ensemble, ils méritent au minimum qu’on pose des questions.
Parce que Mario Lemieux ne serait pas simplement un beau nom québécois placé devant un consortium.
Il a déjà été propriétaire.
Il connaît Bettman.
Il connaît les gouverneurs.
Il a vécu les problèmes financiers d’une franchise.
Il a participé au redressement des Penguins.
Et surtout, nous avons maintenant des éléments indépendants de la rumeur québécoise démontrant qu’il cherchait encore récemment à posséder une équipe.
C’est ça qui change la nature de l’histoire pour moi.
Maintenant, attention à 3DownFutures
C’est également là qu’il faut tracer une grosse ligne rouge.
3DownFutures a avancé beaucoup plus que Mario Lemieux.
Le site a parlé de Pierre Karl Péladeau, Guy Laliberté, la famille Desmarais et même Céline Dion.
Il a évoqué un éventuel regroupement appelé « Quebec Sports & Entertainment ».
Il a avancé différentes informations concernant des appuis dans les hautes sphères de la LNH et même d’éventuels investissements supplémentaires au Centre Vidéotron.
Je n’ai trouvé aucune confirmation indépendante suffisamment solide de ces éléments pour les présenter comme des faits.
Et je ne le ferai pas.
Pour l’instant, Mario Lemieux à Québec demeure lui aussi une information non corroborée indépendamment.
C'est important de l'écrire noir sur blanc.
Mais ce qu'on peut vérifier autour de cette information est beaucoup plus intéressant.
Voilà pourquoi, cette fois, je surveille la rumeur
J'ai vu assez de rumeurs sur les Nordiques depuis 1995 pour savoir comment ça fonctionne.
Une rencontre avec Bettman.
Une déclaration d'un politicien.
Une publication mystérieuse.
Un propriétaire aperçu quelque part.
Et pendant 48 heures, Québec recommence à rêver.
Puis rien.
Je ne suis donc certainement pas prêt à annoncer quoi que ce soit.
Mais cette histoire est différente sur un point précis.
Elle apporte une réponse potentielle au problème que la LNH vient elle-même d'identifier publiquement.
Bill Daly n'a pas dit que Québec avait besoin d'un nouvel amphithéâtre.
Il n'a pas dit que le marché ne fonctionnait pas.
Il n'a pas dit que la Ligue n'était pas intéressée.
Il a essentiellement dit : où est le propriétaire?
Quelques semaines plus tard, un média affirme que ce propriétaire pourrait être entouré d'un groupe dont Mario Lemieux deviendrait le visage.
Pendant ce temps, Lemieux vient justement de tenter de racheter une équipe de la LNH.
Québecor vient de prolonger son engagement dans la LNH jusqu'en 2038.
Le Texas avance.
Atlanta avance.
Et la Ligue commence manifestement à réfléchir à ce que pourrait être son prochain chapitre.
Ça ne veut pas dire que les Nordiques reviennent.
Ça veut dire quelque chose de beaucoup plus simple.
Si un véritable groupe financier est actuellement en train de se former derrière Mario Lemieux, Québec aurait enfin commencé à travailler sur la seule partie de son dossier que la LNH vient publiquement d'identifier comme manquante.
Et après 31 ans à regarder le même film, c'est probablement la première chose que je voudrais savoir.
Pas si Bettman aime Québec.
Pas si le Centre Vidéotron est assez beau.
Pas si 18 000 personnes achèteraient des billets.
On connaît déjà les réponses.
La question est maintenant beaucoup plus précise :
Est-ce que Mario Lemieux est réellement en train de réunir les gens capables de signer le chèque?
Parce que si la réponse finit un jour par être oui, là, le dossier de Québec aura réellement changé.



