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Hockey en pièces détachées : TVA Sports au cœur d’un paysage francophone fragmenté de la LNH
17 juill. 2026 · 5 vues
La nouvelle architecture francophone des matchs de la LNH consacre encore TVA Sports comme colonne vertébrale du hockey au Québec, mais fragmente l’expérience des partisans entre télévision linéaire et streaming payant.
TVA Sports: le pilier francophone… mais plus seul
TVA Sports demeure le diffuseur francophone officiel de la LNH au Canada jusqu’en 2026, statut qui en fait toujours la maison-mère des grands rendez-vous nationaux.
Pour la saison 2025‑2026, le réseau promet plus de 300 matchs de la LNH, incluant les séries éliminatoires et les grandes vitrines comme les samedis soirs et les événements spéciaux.
TVA Sports s’appuie sur TVA Sports direct pour distribuer en continu l’ensemble des matchs qu’il détient, ce qui ancre sa stratégie dans un modèle hybride câble‑streaming.
Les partisans du Canadien y trouvent notamment une vingtaine de matchs, dont les samedis soirs, qui restent un bloc identitaire fort pour la chaîne et pour la culture hockey francophone.
RDS revient dans le jeu avec des droits régionaux
RDS a déjà annoncé une entente pour diffuser 45 matchs régionaux du Canadien à compter de la saison 2026‑2027, ce qui marque un retour significatif du réseau dans le hockey de la LNH en français.
Concrètement, cela veut dire que les droits se morcellent: une partie des matchs du CH sera chez TVA Sports, une autre chez RDS, et le reste sur une plateforme de diffusion en continu encore non identifiée publiquement.
Les informations qui circulent laissent entendre que Bell pourrait éventuellement déplacer certains matchs vers Crave, ce qui ajoute une couche de confusion et d’abonnements supplémentaires pour les partisans.
Dans ce contexte, l’annonce imminente évoquée par Jeremy Filosa – sur le sort des « autres matchs » du Canadien en français – devient un pivot: c’est là que se jouera la répartition fine entre câble traditionnel et streaming.
Vers un modèle à trois abonnements pour le hockey
Avec la nouvelle entente de 12 ans et près de 11 milliards $CAN entre la LNH et Rogers à compter de 2026‑2027, la logique de maximisation de revenus explique la multiplication des diffuseurs et des paywalls.
Rogers, propriétaire de Sportsnet, reste la pièce maîtresse du puzzle anglophone, mais la façon dont il sous‑licenciera le français – TVA Sports, RDS, services en ligne – dictera le quotidien des fans francophones.
Sur le plan pratique, pour suivre tous les matchs de la Ligue canadienne (LNH, mais aussi CHL dans certains cas) en français et en anglais, il faudra à terme cumuler Sportsnet, TSN et un service de diffusion en continu supplémentaire.
Si un acteur comme Amazon se confirme comme partenaire streaming, on basculera dans un modèle où la totalité des matchs n’est plus accessible via un simple bouquet télé, mais via une combinaison d’abonnements éclatés.
Radio-Canada évincée et fin d’une tradition
CBC/Radio-Canada avait déjà perdu la dimension commerciale de Hockey Night in Canada dans l’accord précédent avec Rogers, devenant essentiellement un diffuseur de portée nationale sans revenus directement associés au pacte.
Les infos récentes évoquent désormais la fin pure et simple de la présence de Hockey Night in Canada sur Radio-Canada, ce qui rompt avec une tradition qui structurait depuis des décennies les soirées de hockey au pays.
Ce retrait du service public laisse le champ libre aux chaînes privées et aux plateformes OTT, qui dictent leurs grilles en fonction de la valeur marchande plutôt que de la cohésion culturelle.
Pour les francophones, cela se traduit par la disparition progressive de rendez‑vous rassembleurs gratuits, remplacés par une mosaïque de fenêtres payantes dont la logique est d’abord financière.
Un paysage francophone plus riche… mais hostile au partisan moyen
Objectivement, l’offre francophone de la LNH au Québec et au Canada n’a jamais été aussi volumineuse: plus de 300 matchs sur TVA Sports, des droits régionaux supplémentaires chez RDS, et des plateformes numériques qui s’ajoutent.
Mais subjectivement, l’expérience est de plus en plus hostile pour le partisan moyen, obligé de jongler avec plusieurs abonnements pour simplement « voir tout » ce qui concerne son équipe.
La prochaine décision sur la destination des matchs restants du Canadien, annoncée dans une fenêtre de 7 à 10 jours selon les informations relayées, cristallisera ce malaise: soit on confirme la fragmentation, soit on surprend avec une solution plus intégrée.
Dans tous les cas, TVA Sports reste au centre de la carte, mais ce centre est désormais entouré d’une constellation de diffuseurs et de services qui rendent le hockey francophone moins simple, plus cher, et paradoxalement moins accessible que jamais.



