In the tribune Zone Nordiques
Cynique septembre...
30 août 2016
L'été tire à sa fin, le gris se pointe le bout du nez, la noirceur rentre plus tôt au bercail, les sandales, les paréos, les leggings et les jupes vont se remiser et faire place aux manteaux, bottes, tuques et mitaines avant même que vous ne puissiez vous y adapter.
C'est notre pays, il est chez lui, il est comme ça, casanier l'hiver, froid, râleur et un peu aigri, parfois piquant, toujours blanc.
M'enfin, vous me suivez...
Nous avions une façon d'y remédier pourtant jadis, nous encouragions une équipe, vêtue de bleu et de blanc, arborant le plus beau des logos laids. Nous excellions en logos pee-wee atroces mais charismatiques à l'os au Québec, les Expos est aussi un symbole archaïque qui semble discutable mais que nous ne changerions pour rien au monde, fin de la parenthèse, je m'égare...
Pour plusieurs, Septembre égalait le retour de leur vie même, pour être clair, il n'y a que les amateurs de hockey qui s'emmerdaient l'été, soyons francs!
Septembre voulait dire, les camps d'entrainement, le radottage de salon, les ligues du vieux poêle qui songeait à couper leur lot, avoir du bois pour l'hiver, le calendrier qui se noircit de soirées importantes, comportant bien sur toujours un bon vieux match de hockey, qui adjaçait les bleus ou les rouges, c'était selon. Parfois les deux.
Ça c'était risqué...
Septembre apportait comme cette année, des tournois internationaux épiques avec les grandes étoiles mondiales, l'élite représentant leur pays. Comment oublier Coupe Canada?
De Gretzky à Lemieux contre les russes, toujours sur Youtube. 6-5 que c'était hein? Hamilton me donne des frissons à chaque fois, magique.
Septembre était le retour en ondes radiophonique et télévisuels des journaleux de l'èpoque, même dans le journal. Les Jean Pagé, Marc Simoneau, Camille Dubé, Quenneville, Tremblay, Crête, Bédard, Ladouceur, Raymond et autres allaient revenir polluer les télévisions de ma mère et oh combien d'autres, qui comme la mienne, n'avaient pas l'internet ni 4 télévisions par maison, aucun cell, ni tablette pour parer à ce long hiver parsemé de testostérone passionnée par la guerre qui s'en venait pour un autre solstice froid ici dans le nord-canadien(ou en terrain canadien nordique;))
En passant, pourquoi croyez-vous qu'on trouvait que nos mères faisaient mieux à manger?
Parce qu'elles n'avaient que cela à faire, cuisiner. Excepté une soirée de cartes de temps en temps, la télévision n'avait peut-être pas NHL Centre Ice, ni le streaming pour les moins riches mais elles diffusaient deux équipes dans la province, donc le hockey n'en était pas moins mur-à-mur. Pauvres mamans.
Septembre annonçait de la haine et jalousie mais aussi joie et plaisir dans chaque foyer, nous étions satisfaits comme ça et ça aurait du rester comme ça.
Pour toujours.
Malheureusement, Mille neuf cents quatre-vingt-seize.
Roy, le poignard dans mon coeur et les vingts ans qui s'en suivirent...
Aujourd'hui, je voguerai au-dessus de tout notre récit depuis l'annonce de l'amphithéâtre avec Jean Charest et Régis Labeaume. J'épagnerai les déconfitures et la honte ressentie dans tous les dossiers tièdes que nous avons suivis avec coeur et passion.
Ici aujourd'hui vous remémorer que Septembre redeviendra beau et intéressant sous peu, vous le savez, moi aussi, nous le savons tous.
Comme prix de consolation?
En relocalisation?
En plan Z?
Ça ne m'importe plus, ils reviendront. ÇA reviendra.
Les acteurs auront changé, les enjeux aussi, le jeu lui-même, l'univers de tout ces souvenirs ne sera plus le même, cependant, une chose vivra, notre passion.
Lorsque j'entends des perdants dire ''du pain et des jeux'', moi je lui réponds que si au moins il nous restait cela, du pain et des jeux...
Lorsque j'entends des perdants dire ''le passé n'a pas fonctionné'', moi je lui réponds que le futur ne s'écrit pas dans le passé mais ne s'écrit pas sans le passé...
Lorsque j'entends des perdants dire ''l'éléphant blanc'', moi je lui réponds que la pachiderme enfilera du bleu...
Lorsque j'entends des perdants dire ''Que Québec n'est pas assez riche'', je lui réponds que la richesse n'existe pas...
Même vous, partisans bleus, membres ZN, vous perdez de votre mordant, vous devenez cynique au moindre refus, fuyant une prochaine réalité, protégeant votre vulnérabilité, encore meurtris des accrocs des dernières années.
Nous avons assez attendu?
Vrai mais l'attente achève, chaque chose que j'entends sur les Hurricanes me convainc un peu plus chaque jour, de l'état de la Caroline aux moeurs différents aux poches fragiles de la famille Karmanos en passant par des alignements au salaire minumum à beaucoup plus que 15$ de l'heure.
Raffi Torres? Vraiment Mike? Tu es cynique non? Le ton que VOUS devez tenir maintenant que vous savez que personne n'investira pour gagner une coupe Stanley, le genre de blague qui fait une synthèse des Canes.
Laissons-leur leur cynisme, dilapidons le nôtre, que les Rouges s'estompent à Raleigh et que coach K, la recrue Marques Bolden et toute l'équipe de Duke qui part favorite l'an prochain pour rafler un 6e championnat de la NCAA de leur histoire, viennent faire de l'ombre de la grosseur d'un paquebot à Terevainen, Aho, Staal et Skinner.
Regardez la prochaine saison comme la déconfiture officielle de la franchise des Hurricanes de la Caroline.
Scrutez les avions, plus-que-jamais, auscultez google, sans manquer un tweet, faites du bruit à en faire trembler le QG de la LNH, remplissez le CV pour voir les vedettes à Bettman venir pavoiser au CV dans 2 semaines.
Criez ''We Want Nordiques'' tout le long du match, brassez, croyez, INTIMIDEZ.
Las Vegas n'arrivera pas seule. Elle sera accompagnée de son cavalier bleu sur son éléphant blanc, Karmanos ne sera plus dans le rouge, Bettman gardera son teint vert et les fefans broieront du noir.
Et non je n'ai pas de lunettes roses, l'avenir est coloré.
La saison 2016-2017 sera la dernière sans les Nordiques de Québec.
#Believe.
Louis-Philippe Roy
DDPYoga



